Auteur : LightniX
Source : Difficulté : 8/10
Temps de réalisation : Peux varier
Voila, rien que pour vous chers lecteurs l'intégralité de mon TIPE 2005 consacré au refroidissement d'un microprocesseur par machine frigorifique, autrement dit un DoD .
TIPE 2005 : Le refroidissement d'un microprocesseur par machine frigorifique
Introduction :
La loi empirique de Moore a établit en 1965 une évolution du nombre de transistors dans les microprocesseurs. Or, multiplication du nombre de transistors et chaleur dégagée vont de paire, cest donc pour cela que depuis les premiers microprocesseurs,
les systèmes de refroidissement ne cessent de devenir de plus en plus imposants.
Cest alors dans cette course à la fréquence et à la performance que sinscrit mon système de refroidissement par machine frigorifique.
Le choix du système frigorifique dans le refroidissement dun microprocesseur
Le dégagement de chaleur du microprocesseur ou pourquoi un processeur chauffe-t-il
Comme tout composant électronique, le processeur est soumis à leffet Joule qui sexprime comme ceci : P=RI² ou P=UI
Pour un processeur qui en est fait un semi-conducteur, puisque composé essentiellement de silicium, la puissance dissipée peut sécrire sous la forme (avec C : constante propre à chaque famille de processeur, F : fréquence du processeur et U : tension imposée) : P=CFU²
En outre, il chauffe du fait de son imperfection : des résistances et des capacitances parasites provoquent des pertes par effet joule lors du passage d'un courant, mais il existe aussi des courants de fuites du fait de lisolation électrique imparfaite.
Des millions de transistors animés d'une haute fréquence provoquent donc beaucoup de pertes.
Ces pertes par effet Joule font alors considérablement chauffer ce microprocesseur qui, pour un fonctionnement nominal, ne supporte uniquement des températures comprises entre - 200°C et 90°C. Au-delà de 90°C, les couches qui le composent sendommagent et le rendent hors-service.
Comparatif de plusieurs systèmes de refroidissement
Traditionnellement, dans le refroidissement dun processeur, on utilise ce quon lon appelle des ventirads, autrement dit un radiateur à ailettes (en cuivre ou en aluminium) surmonté dun ventilateur.
Parfois certains « bidouilleurs confirmés » utilisent un « watercooling » - refroidissement par eau - qui peut se faire grâce à des échangeurs (encore une fois soit en cuivre, soit en aluminium), placés sur les différents composants de lordinateur à refroidir.
Ces solutions sont relativement peu coûteuses et leur rapport encombrement/performances est idéal pour des machines classiques.
Il y a néanmoins une limite à la taille du radiateur : au delà d'une certaine valeur, l'efficacité n'augmente plus. Ceci étant dû au fait que les calories doivent se propager par conduction sur toute la surface du radiateur, et cette propagation est limitée.
La dissipation est proportionnelle à la différence de température qui existe entre le radiateur et le milieu ambiant.
On caractérise le pouvoir de dissipation d'un montage thermique par l'élévation de sa température par rapport au milieu ambiant et ceci pour une puissance dissipée égale à 1W : c'est la résistance thermique de l'élément :
R=(Th - Ti)/P
Cette relation est connue sous le nom de loi d'Ohm thermique.
La dissipation reste donc limitée, et ne se contentera, dans le cas idéal, que dabaisser la température du composant que lon veut refroidir à la température ambiante, ce qui nest pas intéressant en été, par exemple.
Dans notre cas, où lon recherche le maximum de performances, le rapport encombrement/performances nest pas notre souci. En effet, en réalisant un tel système, lencombrement est nécessairement important du fait de la présence dun compresseur.
Comparé à un refroidissement classique énoncé ci-dessus, ce système ne se contente pas simplement dévacuer la chaleur dégagée par le processeur pour le ramener à la température ambiante. Il permet en revanche « dapporter du froid ». Ce terme savère être un abus de langage puisquen réalité on ne crée pas de froid, on déplace simplement de la chaleur.
Le processeur, étant plus froid que les conditions normales dutilisation (qui approchent les 40°C), se révèle beaucoup plus docile à loverclocking.
Loverclocking
Loverclocking, ou surfréquençage en français consiste à augmenter la fréquence dun semi-conducteur (comme un microprocesseur, mais pas nécessairement
), en dépassant les fréquences indiquées par celles du constructeur, dans le but daugmenter les performances de la machine.
Or, lors de lopération, les semi-conducteurs chauffent plus quà la fréquence dorigine (cette attitude est normale puisque la fréquence dun semi-conducteur est proportionnelle à la quantité de chaleur quil dégage) ce qui limite fréquemment tout overclocking.
Température et montée en fréquence
La montée en température d'un processeur provoque plus de pertes de données comparé à une utilisation normale.
Cela s'explique par l'augmentation du mouvement brownien des molécules du microprocesseur, qui empêche la bonne circulation des électrons dans le semi-conducteur. Ce qui va donc influer sur la stabilité du processeur.
On peut donc en déduire que chaleur et overclocking ne font pas bon ménage. En effet, lors de l'overclocking, on augmente souvent le voltage afin de pouvoir monter encore plus en fréquence. Mais l'augmentation de voltage s'accompagne inéluctablement d'une augmentation de température. C'est donc dans le cas de gros overclocking que ce système est bien adapté.
La réalisation du « direct-on-die »
Descriptif technique
Voici une liste du matériel utilisé lors de la réalisation du projet :
- un compresseur Lunité Hermétique - Tecumseh dune puissance de ¼ CV
- un condenseur Zern-R-Fin-Cu 2003 (qui est un radiateur de watercooling théoriquement)
- un déshydrateur Little Giant
- un évaporateur en cuivre avec base usinée, réalisée à la machine à commande numérique
- du capillaire 2/8 mm en cuivre dune longueur denviron 1.50 m
- un raccord de chaudière en acier inox tressé muni dembouts et de joints adaptés, le tout soudé grâce à des embouts à souder
- une valve schrader soudée sur le compresseur, pour permettre le remplissage et laccès à la pression
- des tuyaux en cuivre raccordant le tout
- un ventilateur papst de 120 mm fonctionnant en 220 V
Notons que toutes les soudures sont des brasures à largent, étant donné les fortes pressions dans le système, la soudure classique à létain étant trop peu résistante.
Pour braser le tout, jai utilisé un chalumeau « crocodile » et du propane avec des baguettes dargent à 6%, faute de chalumeau oxy-acétylène. Il sest pourtant avéré que les baguettes dargent fondaient relativement vite.
Pour détecter les fuites, jai utilisé du « détect-fuites » Delmo, ce qui ma permis de voir que le condenseur récupéré à la décharge était troué.
En ce qui concerne lévaporateur, la base usinée permet de garder le fluide froid plus longtemps dans lévaporateur. Léchange thermique est, de ce fait plus long, lefficacité plus grande, tandis que le débit de fluide circulant dans lévaporateur reste satisfaisant.
- Pour les photos, je vous renvoie au trombinoscope à la fin du guide des éléments utilisés pour la réalisation du système -
Quelques petits ennuis lors de la réalisation
Le condenseur que javais acheté à la décharge sest avéré, après vérification au détecte-fuites particulièrement troué. Cest pour cela que mon choix sest orienté vers le Zern, qui est un radiateur de watercooling à lorigine.
Enfin, il sest avéré que mon premier évaporateur était hors dusage après test du fait de sa base trop mince (elle ne résistait pas à la pression).
Eléments principaux dun cycle à compression de vapeur :
Un cycle à compression de vapeur comprend essentiellement :
- Un évaporateur dans lequel le fluide frigorigène se vaporise en enlevant une certaine quantité de chaleur aux milieux extérieurs, dans notre cas, il sagit denlever une maximum de chaleur au processeur par lintermédiaire de lévaporateur.
- Un compresseur mécanique qui aspire les vapeurs formées dans lévaporateur, les comprime et les refoule à une pression supérieure en direction du capillaire. Le compresseur absorbe de lénergie mécanique, qui provient dune puissance électrique préalablement transformée par un moteur électrique qui se trouve dans le compresseur. Dans notre cas, il comprime le fluide dans le cylindre.
- Un condenseur dans lequel le fluide frigorigène se condense en cédant une certaine quantité de chaleur au milieu extérieur, qui est ici pour nous lair. Pour garantir un bon échange thermique, on utilise un condenseur à tubes ronds et à ailettes intégralement en cuivre, le tout muni dun ventilateur de 120mm en 220V.
Les différentes étapes du fonctionnement de la machine frigorifique
- Vaporisation du fluide : elle se fait à température et pression constante avec absorption dune quantité de chaleur, ce qui constitue une production de froid.
- Compression adiabatique de la vapeur : elle absorbe un certain travail fourni par une source dénergie extérieure, qui est ici le moteur électrique du compresseur.
- Condensation du fluide : elle sopère dans le condenseur, à pression et température constante.
- Détente adiabatique du fluide : Le fluide est liquéfié dans un détenteur ou lors du passage à travers un capillaire.
Description du fluide frigorigène employé : le propane
Le propane, ou R290, est un fluide frigorigène qui fait partie dun groupe dautres fluides (le groupe 3) dont les caractéristiques dominantes sont linflammabilité et le pouvoir explosif. Ces fluides ne sont pas, de façon générale, toxiques, il sagit essentiellement du groupe des hydrocarbures.
Son appellation R290 exprime quil possède 3 atomes de carbone (3-1=2), 8 atomes dhydrogène et 0 atome de fluor.
Caractéristiques :
- Propane : R290
- Masse molaire : 44.06 g.mol-1
- Température débullition (à 1.013 bar) : - 42.3°C
- Pouvoir réfrigérant : 281.09 kJ.kg-1
Le propane est un fluide peu cher et très facile à trouver qui plus est, assez performant pour la machine. En contrepartie, sa tendance explosive impose un remplissage opéré avec beaucoup de précautions, notamment dans un endroit très aéré - le remplissage sest fait dans un garage aéré, en plein courant dair -.
Sur le diagramme ci-dessous, jai représenté le cycle de ma machine.
Explication du diagramme :
- La partie AB correspond à la compression.
- La partie BC est en fait le passage donc le condenseur (on y abaisse la température). Cette transformation est isochore. A la sortie du condenseur, le fluide est désormais liquide.
- La partie CD correspond au passage du fluide dans le capillaire, cela abaisse donc sa pression et sa température.
- La partie DA est le passage dans lévaporateur, où le fluide sévapore et absorbe lénergie dissipée par le processeur.
Pour conclure :
Ce système ma finalement permis datteindre une fréquence de 3.2 Ghz avec un simple AMD Athlon 64 3000+, cadencé à 1.8 Ghz à lorigine. Lefficacité dun tel système nest donc plus à redémontrer et on peut même songer à un avenir proche où tous les PC en seraient équipés. En revanche, on peut se demander si cette solution est réellement envisageable. En effet, outre ses performances incomparables, lencombrement reste un défaut majeur en ce qui concerne sa viabilité, tout du moins pour les utilisateurs lambda.
Il faut alors sinterroger sur ce dont chacun a besoin réellement et sorienter vers des produits adaptés, simple refroidissement par air pour certains, refroidissement par système frigo pour dautres plus acharnés
Et maintenant les photos
Je viens de tester mon DoD sur mon Venice, je tape 3150 mhz, pas très stable, j'ai juste testé super pi ...
Sinon j'ai testé la stabilité à 3100 mhz ... voilà des screen de mon oc
Et pour avoir une idée du montage

J'espère que vous avez appreciés...
Commentaires récents
Mortel l'usine à gaz.. pis niveau conso de W, pas terrible 8)
Hé Hé Hé, autant acheter un congel et mettre l'ordi dedans :D :D :D :D :D :D Enfin, c'est rigolo quand même...
Impressionnant comme bricolage
Efficace aussi ! Ca t'a couté combien environ ?
:)
rems les commentaires de ce genr eon peu s'en passer merci